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POLITIQUE
Côte d'Ivoire : Le parti communiste révolutionnaire dénonce la mauvaise gestion de Ouattara Lundi 09/12/2019 12:47:11 Achy Ekissi, SG du PCRCI (Ph:Dr) Situation sociopolitique Achy Ekissi, SG du PCRCI (Ph:Dr) Cet article a été vu 341 fois

Ivoire-media (IM) - Le Secrétaire général du parti communiste révolutionnaire de Côte d'Ivoire, Ekissi Achy a pondu une importante déclaration sur la situation sociopolitique de la Côte d'Ivoire dans laquelle il dénonce la gestion de Ouattara. Ci-dessous l'intégralité de cette déclaration


La situation économique, sociale et politique actuelle sous le règne du pouvoir Ouattara est des plus dramatiques que la Côte d'Ivoire ait connues.

Au plan économique l'on note des investissements massifs publics, réalisés essentiellement sur fonds d'emprunts et dont les marchés sont attribués par la corruption et le clientélisme aux multinationales et aux membres du clan au pouvoir, au détriment des investisseurs nationaux probes. Par ce système mafieux, bien huilé, toléré par les agents du FMI, de la Banque Mondiale et de l'Union Européenne, ignoré volontairement par les nouveaux bailleurs de fonds internationaux que sont la Chine, la Russie et autres, une nouvelle couche de riches se met en place rapidement. Les affairistes au pouvoir, ne reculent devant rien et sont prêts à mettre à sang la Côte d'Ivoire pour conserver le pouvoir politique qui leur permet d'accéder facilement à l'accumulation « sauvage » du capital. 

Au plan social la misère saccroit malgré les taux de croissance mirobolants de 8% à 9% réalisés. Ceci s'explique par le fait que la richesse produite profite à une poignée d'individus dans le cercle du pouvoir et essentiellement aux multinationales. A la campagne, la misère s'accentue. La mévente de l'hévéa et de l'anarcade s'est installée durablement depuis plus de deux ans. Aussi, les paysans sont obligés de brader leur production à 60% du prix officiel au vu et au su des organisations de gestion des faitières qui se contentent de gérer les caisses noires alimentées par les prélèvements sur les prix des produits. Le prix d'achat aux paysans du kg du cacao fixé à 825 FCFA reste bas au regard du coût de la vie et de la faible productivité des exploitations.

En ville, les syndicats qui ont suspendu leurs grèves suite aux promesses de la primature déchantent et menacent de les reprendre. Les structures de l'éducation et de la santé ne répondent plus au besoin de la population et sont gangrénées par des caisses noires, des organisations parasites, chargées de rançonner les citoyens comme c'est le cas des COGES, de la MUGEFCI, de la CMU, etc.  

Au plan politique, l'on note qu'à la veille des élections présidentielles de 2020, tous les ingrédients pour une guerre civile comme en 2010/2011 s'amoncellent. Des arrestations politiques arbitraires sont opérées dans les rangs de l'opposition, le cas du Président de Conseil Régional de Bouaké en est un exemple parlant ; des assassinats ciblés dans les rangs de l'opposition sont organisés pour faire peur et décourager tout rassemblement ; l'assassinat du militant du RACI à Korhogo l'atteste ; des procès provocateurs sont engagés contre Gbagbo Laurent et Blé Goudé à peine que la CPI les a acquittés de toutes charges à la Haye. Des discours qui attisent la haine tribale et religieuse sont distillés de part et d'autres par les hauts bourgeois au pouvoir et dans l'opposition (non au pouvoir).

L'armée française, principale actrice de crise de 2010/2011 est encore en place. Cest donc sur des bases objectives que les ivoiriens et les étrangers vivant en Côte d'Ivoire et qui partagent le quotidien des ivoiriens, sont inquiets et redoutent une déflagration meurtrière.  

Ce qu'il y a de commun entre la période avant la crise de 2010 et la période actuelle est que : 1) nous sommes à la veille du combat pour la conquête ou la conservation du pouvoir d'Etat. 2) L'impérialisme international, français en particulier, est en activité pour choisir son poulain. Certes la situation n'est pas celle de deux armées en face à face comme en 2009/2010, mais les frictions, fractions et divisions au sein de la grande muette de la période précédente n'ont pas disparu ; le désarmement n'a pas été fait et beaucoup d'ex combattants et autres groupes paramilitaires détiennent encore des armes ; la découverte d'armes de guerre à Bouaké, Béoumi dans un domicile privé etc, est une preuve supplémentaire que des armes sont disséminées un peu partout en Côte d'Ivoire, L'ONU s'est elle même inquiétée de la présence de 300 tonnes d'armes non inventoriées dans les casernes.
La disposition des forces politiques 

Au sommet de l'Etat règne le RHDP, nouveau parti politique atypique qui ne respecte pas la loi sur les partis politiques. La dite loi qui interdit l'appartenance à plus d'un parti. En effet, le RHDP est un parti regroupant le  RDR, l'UDPCI et des exclus du PDCI, du PIT, de l'UPCI, du MFA, de Lider qui conservent le nom de leur organisation d'origine et leur logo. Ce groupement politique représente les intérêts des hauts bourgeois ivoiriens ;  c'est la couche de la bourgeoisie ivoirienne support de la domination impérialiste. Ce parti prépare un passage en force aux élections de 2020. Selon eux, Ouattara qui a déjà fait deux mandats peut être à nouveau candidat bien que la constitution le lui interdit.  

L'opposition se compose pour l'essentiel de la plate forme CDRP, de la plate forme EDS, du parti Lider, etc. 
La grande majorité des membres de l'opposition sont des partis libéraux et socio démocrates. Les programmes et autres déclarations publiques de beaucoup de ces partis indiquent clairement leur penchant pour une alternance au pouvoir Ouattara, dans le cadre du système néocolonial. Après avoir été acteurs de l'Etat de non droit quand ils étaient au pouvoir, et ou contribué à la mise en place du pouvoir Ouattara, ces partis libéraux et socio démocrates se présentent aujourd'hui comme des adeptes de la lutte pour des conditions démocratiques d'élections, le respect des libertés et de la démocratie, de la lutte pour la souveraineté nationale, de la lutte contre l'État de non droit et le despotisme. 

Certains de ces partis politiques de lopposition bourgeoise, tout comme le RHDP sont déjà en campagne électorale. Certains affirment avec forte conviction pouvoir gagner ces élections au premier tour. Mais l'environnement électoral est très défavorable à l'opposition en général. En effet, le pouvoir Ouattara a tous les leviers entre les mains : La commission électorale, le conseil constitutionnel, le Parlement, le corps préfectoral. La communauté internationale attend de voir quel candidat sera la meilleure garantie pour les intérêts des multinationales pour lui apporter son soutien. Pour l'instant, il apparait que cette dite communauté internationale se satisfait de la commission électorale à qui elle promet son assistance.  

L'opposition révolutionnaire dont la locomotive est le PCRCI a adhéré à la plate forme CDRP. Elle défend les intérêts de la classe ouvrière, de la paysannerie, des petits commerçants, transporteurs, artisans, des entrepreneurs nationaux, des sans emplois, des jeunes, des femmes opprimées, en un mot des masses  populaires. Elle est pour une alternative révolutionnaire au pouvoir néocolonial.

aller et comment avancer

La situation actuelle est caractérisée par une crise sociale et politique aigue. Les masses populaires sont profondément affectées par la misère sociale qui les pousse à des luttes sporadiques qui ne cessent de se multiplier. Le pouvoir RHDP est affecté par des dissensions internes qui ont abouti au départ du PDCI et des ex rebelles de cette coalition. Les actes impopulaires du gouvernement Ouattara entrainent de plus en plus des réactions violentes et des actes de défiances des masses populaires.

Le sommet ne peut plus rien faire sans réaction des masses populaires et de l'opposition toute tendance confondue. 
Cette crise qui s'accentue de jour en jour peut déboucher sur trois issues possibles : (1) Le maintien de la situation actuelle par la victoire du clan Ouattara; (2) Un coup d'État militaire. (3) La victoire du peuple sur l'autocratie et l'impérialisme, (jetant par dessus bord le système néocolonial). Les première et deuxième issues ne sont pas souhaitables pour le peuple de Côte d'Ivoire.

La situation socio politique délétère actuelle qui est le résultat de la gestion politique du RHDP, le recul sur le plan économique, social et démocratique des années 2000 à 2001, conséquences du coup d'État de 1999 sont là pour indiquer que ces voies sont à écarter. La dernière issue, celle qui consacre la victoire du peuple sur l'autocratie et l'impérialisme, jetant par-dessus bord le système néocolonial, est la plus favorable aux intérêts des masses populaires, car seule la victoire du peuple peut tracer les sillons d'une Côte d'Ivoire indépendante, démocratique et prospère. 

Aussi, ce sont les tâches pour la survenance de cette dernière issue qui doivent préoccuper l'État major de l'opposition révolutionnaire et les ouvriers, les paysans, les autres travailleurs, les élèves et étudiants, les masses populaires en général.
Cest pourquoi, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d'Ivoire, appelle à la conquête d'une république démocratique, populaire, indépendante et moderne. Ce mot d'ordre doit être le chant de ralliement de tous les démocrates, patriotes, révolutionnaires.

Dans cette perspective, le mot d'ordre, dans la situation actuelle, est décliné comme suit : Non au pouvoir RHDP, non au coup d'État, non au tripatouillage de la constitution, oui à une réforme totale du processus électoral, pour le départ de l'armée française, pour la libération de tous les prisonniers politiques, pour la liberté d'opinion, de manifestation, de grèves, pour le bien être social, pour la souveraineté nationale et populaire

Les démocrates, les patriotes, les révolutionnaires doivent s'écarter des raccourcis comme les coups d'État militaires, des issues réformistes comme les gouvernements d'union nationale regroupant les partisans de l'autocratie, de l'impérialisme et l'opposition démocratique, des issues qui maintiennent le pays dans les liens de dépendance économique et politique avec les puissances impérialistes notamment l'impérialisme français. Ils doivent s'éloigner des issues aventuristes qui utilisent le peuple comme marche pied ou qui l'ignorent, car la république à laquelle le peuple de Côte dIvoire aspire est une république populaire conquise par la mobilisation et l'énergie du peuple.
Vive la révolution démocratique et anti impérialiste./.

 

Pour le PCRCI
Le Secrétaire Général
Achy Ekissi